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29 avril 2026

Les "mabouls" annoncent-ils douze mois de petites phrases pour Emmanuel Macron ?

« Emmanuel Macron renoue avec ses "petites phrases" », conjecture Sonia Ghobri sur RMC en commentant l’emportement du président de la République, lundi dernier, envers « tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie ». Le Figaro, Europe1 ou TF1 évoquent eux aussi une petite phrase. Était-elle délibérée ? Un détail permet d’en douter : elle a été prononcée hors caméra, au cours d’un échange à bâtons rompus. Elle pourrait donc être une petite phrase sauvage, reprise sans que telle ait été l’intention de l’orateur. Interrogé sur son intention, Emmanuel Macron a assuré qu’il ne visait personne !

Les médias y ont néanmoins vu « une attaque à peine voilée contre l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau ». Celui-ci a d’ailleurs relevé le gant aussitôt en déclarant : « Avec le régime d'Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l'échec. » Petite phrase pour petite phrase : destinée évidemment au grand public, la réplique positionne l’ancien ministre au niveau présidentiel, ce qui ne peut pas lui nuire en période pré-électorale.

Capture d’écran RTL sur YouTube

Cette petite phrase présente des parentés avec de précédentes sorties d’Emmanuel Macron. Le mot « maboul », d’abord, que 20 Minutes rapproche de plusieurs expressions désuètes utilisées par lui précédemment : « poudre de perlimpinpin », « galimatias », « c’est de la pipe », etc. Mais le mot n’est pas seulement désuet, il est à la limite de la grossièreté, comme « si c'était pas la France, vous seriez dix mille fois plus dans la merde » ou « ça m’en touche une sans bouger l’autre », voire de la provocation comme « la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler » ou « les non-vaccinés j’ai très envie de les emmerder ».

Le second mandat présidentiel d’Emmanuel Macron est jusqu’à ce jour moins fourni en petites phrases que le premier. Compte-t-il « renouer » avec elles dans ses douze derniers mois, comme le suppose Sonia Ghobri ? « C’est la rechute, les petites phrases », plaisante Étienne Gernelle sur RTL. « Tous les mabouls » n’est pas venu seul. « On va appliquer la méthode Notre-Dame », le 22 avril, et « J’ai pas fait de politique avant et j’en ferai pas après », le 23 avril, paraissent de la même eau. La seconde a expressément été qualifiée de petite phrase dans un article de l’AFP repris par plusieurs médias, y compris à l’étranger comme dans Le Soir. Quitter Paris a toujours semblé favoriser les petites phrases chez Emmanuel Macron. Les trois susvisées ont été prononcées respectivement dans un hôpital de l’Ariège, dans une mine de lithium de l’Allier et dans une école de Nicosie à Chypre.

Les débuts du mandat d’Emmanuel Macron avaient été marqués par plusieurs petites phrases retentissantes comme « on met un pognon dingue dans les minima sociaux » ou « le Gaulois réfractaire au changement ». Sauvages ou délibérées, elles avaient été désastreuses pour l’ethos présidentiel. Inspiré peut-être par l’immense succès de son « For sure » de Davos sur les réseaux sociaux en janvier, amorcerait-il un retour aux sources pour rester dans l’histoire, au moins, comme le président le plus prodigue en petites phrases ?

Michel Le Séac’h

Retour sur quelques petites phrases d’Emmanuel Macron :

« Je traverse la rue » : la flèche de l’image d’Emmanuel Macron s’égare