jeudi 30 juillet 2015

« Tchip-tchip », la petite phrase du poulailler

Une dinde peut aimer un putois pourvu qu’il fasse « tchip-tchip », note Robert Cialdini dans les premières pages d’Influence et manipulation*. La dinde est une mère dévouée envers ses petits, elle les nourrit, les réchauffe, les protège. Or « tous ces soins maternels se déclenchent sous l’effet d’une seule chose : le ‘tchip-tchip’ émis par les poussins dindonneaux ». Malheur au poussin muet : sa mère le délaisse. Inversement, tout ce qui fait « tchip-tchip » est un poussin pour la dinde.

Celle-ci n’a pas le choix : le piaillement déclenche chez elle les soins maternels, c’est inscrit dans ses gènes. Bien entendu, ce genre de phénomène n’est pas propre à la dinde : il existe chez un grand nombre d’espèces, comme l’ont montré depuis longtemps Konrad Lorenz et ses collègues éthologues. Certains sons déclenchent certaines séquences de comportement.

Et chez l’homme, animal programmable, tel est bien le but de certains dictons, slogans, préceptes, commandements et autres petites phrases.
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* Robert Cialdini, Influence et manipulation, Paris, First, 2004. Édition Pocket, 2014, p. 16-17.

Photo Jamain, Wikimedia Commons, CC-BY-SA-3.0,2.5,2.0,1.0

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