18 février 2026

À propos de petites phrases : une interview de Damien Deias

À lire sur le site Les nouveaux experts de la ComPol, un entretien entre Damien Arnaud et Damien Deias, maître de conférences en sciences du langage à Aix-Marseille Université et auteur de Les petites phrases politiques (Presses universitaires de Dijon). La différence entre deux conceptions des petites phrases y est abordée d’emblée. Damien Deias les défrinit comme « des phases que les journalistes détachent des discours d’acteurs politiques, et qu’ils nomment « "petites phrases" ». Cette définition propre aux linguistes rejoint notamment celle d’Alice Krieg-Planque.


Les petites phrases telles que le présent blog les étudie sont des « formules concises attribuées à un auteur connu qui marquent un public ». Elles réunissent un logos (une formule concise), un ethos (un auteur connu) et un pathos (un public marqué). Cette définition, qui relève davantage de la science politique, s’appuie sur celle forgée par l’Académie française (« formule concise qui, sous des dehors anodins, vise à marquer les esprits ») mais y ajoute l’auteur.

En pratique, bien entendu, les deux définitions s’appliquent souvent aux mêmes déclarations. Mais si l’une privilégie ce que la petite phrase est, l’autre s’intéresse plutôt à ce qu’elle fait.

Interrogé sur l’éventuel appauvrissement de la communication politique par les petites phrases, Damien Deias refuse de prescrire une position esthétique ou morale. Il rappelle que le phénomène de « surassertion », qui consiste à mettre en valeur certaines phrases d’un discours, est ancien ; il cite à cet égard la Révolution française et même Le Cid de Corneille. Ce qui nuit au débat politique, en définitive, n’est pas son taux de petites phrases mais le fait de ne pas écouter ce que disent les citoyens.

M.L.S.

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