samedi 4 octobre 2014

« La gauche peut mourir »

Manuel Valls n’a pas fait dans la dentelle en déclarant le 14 juin 2014, devant le conseil national du parti socialiste : « la gauche peut mourir ». La formule est instantanément devenue une petite phrase reprise dans toute la presse. Au 4 octobre 2014, Google en recense plus de 16.000 occurrences.

Mort, mourir, sont des mots forts, qui ne passent pas inaperçus du public. Cependant, ils font peur. Faire peur, a priori, n’est pas favorable à une petite phrase*. Dans « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », on entend surtout « nous autres civilisations », et l’on s’en rengorge**. Le cerveau préfère ignorer ce qui effraie et paralyse.

Mais « la gauche peut mourir » est-elle une phrase qui fait peur ? Ou bien est-elle comprise comme un encouragement ? Un indice : au 4 octobre 2014, Google en recense 9 occurrence sur le site de Libération, 33 sur celui du Monde et… 1.360 sur celui du Figaro !
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* Cf. La Petite phrase, p. 208.
** Cf. La Petite phrase, p. 78.

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